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La fabrication d’une écharpe… petit détour par l’art du textile

25 Sep

Un bon tissu est essentiel pour faire une bonne écharpe… confortable (pour le porteur mais aussi pour le porté), sûre et durable !

Il y a deux grands types d’écharpes : les écharpes tissées, généralement en sergé croisé (tissu « rigide ») et les écharpes tricotées (écharpes souples ou stretch). Pas très calée en matière de textiles, j’ai voulu faire un point sur ce qui se cachait concrètement derrière ces termes techniques, et pour comprendre le processus de fabrication d’un textile donné. Et comme on parle ici écharpes, je me suis plus particulièrement penchée sur la question du sergé croisé et finalement sur les critères qui feront qu’un bout de tissu fera, ou non, une bonne écharpe de portage.

Echarpe tricotée Je Porte Mon Bébé et écharpe tissée Didymos

Voici donc un petit résumé de ce que j’ai compris du processus de création d’une pièce textile…

Commençons donc par le début : qu’est-ce qu’un tissu ?

D’après Sophie George et son encyclopédie « Le vêtement de A à Z« , « il existe de multiples variétés de tissus, chacune se caractérisant, d’une part, par sa composition (coton, laine, polyester, etc.) et, d’autre part, par son armure (toile, sergé, satin, etc.). »

Il y a ainsi deux caractéristiques principales à un tissu donné : sa composition, autrement la matière dans laquelle il est réalisé (coton, polyester, lin…), et son tissage, ou armure, c’est-à-dire la façon dont les fils de matière sont tissés entre eux. Cette définition est valable pour les matières… tissées, c’est-à-dire pour les textiles fabriqués par entrecroisement de fils. Nous le verrons plus bas, il y a d’autres méthodes que le tissage – en l’occurrence le tricotage – pour fabriquer un textile.

Donc si on adapte cette définition du tissu pour l’élargir à toute pièce textile, on peut dire que cette dernière a deux caractéristiques : sa composition (nature de la fibre), et la façon dont les fils de fibres sont assemblés.

Quelles sont les différentes compositions possibles d’une fibre textile ?

Il existe différents types de fibres qui produiront les différentes compositions possibles du tissu :

– les fibres naturelles : elles peuvent être végétales (comme le coton ou le lin, mais aussi le jute, le chanvre, …) ; ou animales (comme la laine ou la soie)

Quelques exemples de fibres naturelles

– les fibres chimiques : elles peuvent être artificielles (leur matière première est naturelle : c’est le cas par exemple de la viscose) ; ou synthétiques (obtenues à partir de synthèses moléculaires uniquement, comme par exemple le nylon, les polyamides, les polyesters…)

Quelques exemples de fibres chimiques

Certaines fibres, comme le coton ou la laine par exemple, sont trop courtes pour être utilisées telles quelles dans la réalisation des tissus. Elles vont donc d’abord être filées, c’est-à-dire que les fibres vont être tordues entre elles et vont former un long fil, suffisamment solide pour ne plus se défaire ensuite.

Filature industrielle (source : Wikipedia)

Et que fait-on de la fibre ensuite ?

Au moment où on dispose des fils, il est possible de former une pièce de textile. Il existe deux méthodes principales : le tissage et le tricotage.

Le tissage

C’est dans ce cas que l’on parle armures (ou tissages), terme désignant la façon dont les fils s’entrecroisent. Pour qu’il y ait entrecroisement, il faut disposer de fils disposés verticalement (fils de chaîne) et de fils disposés horizontalement (fils de trame). Il y a 3 types d’armures :

  • la toile: le fil de trame passe alternativement sur et sous les fils de chaîne.

    Schéma d'une armure toile et exemple sur une pièce de tissu

  • le sergé : « Le fil de trame passe sous un puis sur deux autres fils de chaîne en décalant d’un fil à chaque passage » (article Wikipédia sur le sergé). Ainsi un sergé simple donnera un effet oblique (en diagonale, ou en chevrons), il dispose d’un endroit et d’un envers.

    Schéma d'une armure sergé et exemple sur une pièce de tissu

  • le satin : l’explication de la confection est un peu plus complexe, il faut voir le schéma pour (un peu ;-)) mieux comprendre :

    Schéma d'une armure satin et pièce de tissu

Les schémas d’armures ci-dessus viennent de ce site.

Il existe des sous-catégories, ou variantes, pour chacun de ces types de tissages. Le sergé croisé est ainsi un type de sergé, constitué de 2 sergés simples qui vont dans des directions différentes (cf. cette définition de texsite.info). C’est pourquoi le tissu n’a pas d’envers, et on ne peut pas identifier un « sens » prédominant sur une des 2 diagonales comme dans le cas d’un sergé simple.

Exemples de tissages en sergé croisé

Cette méthode de tissage donne au textile des propriétés particulières : il est suffisamment solide pour permettre un bon maintien, et ne pas se déformer dans le temps, mais suffisamment souple pour rester confortable. Les lignes de serrage peuvent se faire dans chaque diagonale, ce qui permettra d’ajuster le tissu finement autour du corps de l’enfant lors du réglage de l’écharpe pli par pli. En bref, le tissu est rigide si on le tire dans la longueur, et plus souple si on le tire dans la diagonale (peu importe laquelle).
Les fabricants d’écharpes tissées de bonne qualité ne s’y trompent pas : à ma connaissance tous utilisent principalement cette technique de tissage !

Le tricotage

Un seul fil (pas de chaîne ni de trame), enroulé et bouclant sur lui-même, est utilisé pour former des mailles. Le tricot se caractérise ainsi par son extensibilité : il est élastique dans tous les sens.

Une machine à tricoter

A noter qu’il existe aussi d’autres méthodes pour former un textile à partir d’une fibre, comme le feutrage par exemple qui consiste à enchevêtrer les fils entre eux.

Résumé… et conclusion

On peut résumer le processus de création d’un textile par le schéma suivant :

Le mode de tissage (en sergé croisé en l’occurrence) désigne donc simplement la façon dont les fibres s’entrecroisent : condition nécessaire pour disposer d’une bonne écharpe tissée… mais non suffisante !

Chacune des autres étapes, depuis le choix de la fibre et sa qualité jusqu’à sa teinture et sa couture, est aussi importante pour assurer la qualité globale du produit final. Et même au niveau du mode de tissage, on peut trouver des sergés croisés de plus ou moins bonne qualité en fonction, notamment, du nombre de fils utilisés…

Cet article sur le site Storchenwiege sur le processus de création de leurs écharpes rend compte de cette complexité et des différents éléments à intégrer, tout au long de la chaîne de production, pour réaliser une écharpe de qualité. Car si porter son enfant, c’est tout un art, confectionner une bonne écharpe, c’est tout un métier !

Source : site Storchenwiege


Pour en savoir plus :

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3 Commentaires

Publié par le septembre 25, 2010 dans Autour du portage

 

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3 réponses à “La fabrication d’une écharpe… petit détour par l’art du textile

  1. delphine

    juin 3, 2012 at 22:32

    merci pour ces explications, c’est très clair et très utile et j’imagine qu’il y a beaucoup de travail de recherches, savez vous où on peut acheter du sergé croisé de bonne qualité ?

     

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